Espace Libre est un théâtre qui fonde sa couleur, sa force et son originalité sur les trois piliers qui le composent :
NOUVEAU THÉÂTRE EXPÉRIMENTAL
Théâtre de recherche et de création codirigé par Alexis Martin, Daniel Brière et Marthe Boulianne.
OMNIBUS, le corps du théâtre
Compagnie de mime et de théâtre dirigée par Jean Asselin.
LE VOLET ACCUEIL
Reçoit et diffuse les productions de compagnies et d'artistes affichant une parenté avec le projet artistique de la maison : audace, recherche et expérimentation.
Son directeur artistique est Philippe Ducros.
Des règles de cohabitation animent Espace Libre et en assurent la pérennité. La gestion est assumée en collégialité et les trois entités se partagent l'utilisation de la salle de spectacle à part égale dans le temps.
Espace Libre est un lieu de création et de diffusion axé sur des œuvres qui interrogent et provoquent la pratique du théâtre par une nouvelle interprétation du texte, du corps, de la voix, du son et de l'espace. Notre politique est de soutenir des choix esthétiques radicaux, des prises de paroles audacieuses tant sur l’art que sur le monde, de favoriser l'expérimentation et la recherche, le séjour plutôt que le passage, le choc artistique plutôt que la confirmation de valeurs reconnues, et finalement, le plaisir plutôt que la performance.
Depuis sa fondation en 1981, Espace Libre a vu naître un nombre impressionnant de créations dont témoigne sa riche théâtrographie. Nous souhaitons partager avec le public, dans un climat de chaleur et de convivialité, des aventures scéniques fortes, diversifiées, parfois provocantes et qui se veulent toujours signifiantes et essentielles.
Le bâtiment original qu'occupait Espace Libre était un ancien poste de pompiers de la Ville de Montréal. Construit de 1903 à 1904, il a été inauguré le 15 juillet 1904. Le poste est l'œuvre de l'architecte Louis-Roch Montbriand, qui réalisa plusieurs autres casernes à Montréal (no 16 sur le plateau Mont-Royal, nos 20 et 28 au centre-ville et no 27 à Côte-des-Neiges). Il appartient à une première génération de seize postes qui ont été construits entre 1863 et 1910, à la suite de la création par la Ville de Montréal d'un organisme permanent et professionnel de lutte contre les incendies. Ces bâtiments démontrent la fréquence et l'ampleur des incendies à Montréal au milieu du XIXe siècle, ils attestent également de la naissance d'une véritable culture de l'architecture civique à Montréal vers le tournant du siècle, architecture qui sera dominée par le style Beaux-Arts. Même dans le cas d'un édifice aussi modeste que la caserne no 19, la manière de l'École des Beaux-Arts ennoblit l'architecte publique par l'évocation de motifs puisés dans l'architecture classique romaine : ici, des registres superposés de pilastres toscans sur la façade principale, le couronnement de la baie centrale par un fronton sculpté à la manière d'un petit temple, et le rez-de-chaussée de pierre de taille grise percé d'arches en anse à panier.
Œuvre de l'architecte Michel Lapointe de la firme Lapointe, Magne et Associés, la reconstruction d'Espace Libre a été imaginée en étroite collaboration avec ses occupants et achevée en août 2002. À l'enseigne de la simplicité et de l'efficacité, avec un espace maximal dévolu à la création, le théâtre assure maintenant un confort accru à ses occupants et au public qui le fréquente.
Le concept architectural organise son programme sur quatre étages superposés. Il retient du passé l'esprit du lieu et quelques éléments significatifs : la façade et la tour de séchage des boyaux, sise à l'arrière du bâtiment. La salle de spectacle occupe presque toute l'aire du rez-de-chaussée. À géométrie variable, elle est accessible par le public aussi bien des rues Fullum et Coupal que de l'allée arrière, au gré des scénographies proposées aux spectateurs. Le sous-sol excavé abrite les aires techniques, le rangement et les toilettes publiques. Au premier étage, on retrouve les loges, les espaces de support pour les productions, la cuisine ouverte partagée par tous et la salle de répétition d'Omnibus ; au deuxième étage, des bureaux et deux salles de répétition, une pour le NTE et l'autre pour le volet Accueil d'Espace Libre.
La circulation verticale se déploie le long d’un mince ruban parallèle à la rue Coupal. Un rideau de verre alterne des panneaux fixes ou ouvrants, des surfaces de verre clair, texturé ou coloré, qui offrent la nuit venue, un mystérieux spectacle d’ombres chinoises. Des escaliers regroupent à la fois toutes les issues du bâtiment de même qu’ils dotent chacune des entités, Espace Libre, le NTE, Omnibus et son école de mime, d’une entrée individuelle menant à leurs propres aires de répétition et d’administration.
En ses murs, Espace Libre conjugue le béton, le verre et des cloisons aux coloris affirmés. Clins d’oeil au passé, le traditionnel poteau de descente des pompiers, un antique escalier en colimaçon et d’anciennes poutres de bois s’intègrent, une fois recyclés, au concept global. Le nouvel Espace Libre s’inscrit avec bonheur dans la trame urbaine qu’il a toujours occupée et participe plus que jamais à l’essor artistique et culturel du quartier Centre-Sud dont il est un fier résidant.
